Déclaration de candidature

Mesdames, Messieurs les membres du Conseil,

 

Le Conseil de la Faculté de droit de Toulouse procédera le 21 avril prochain à l’élection d’un nouveau doyen.

Professeur de droit depuis 16 ans dans cette Faculté, au sein de laquelle j’ai eu la chance d’effectuer mes études, j’ai désormais l’honneur de me présenter à vos suffrages pour exercer cette fonction. Je vous propose, ainsi, sans précipitation mais avec conviction, de bâtir un projet concerté qui dessinera l’avenir de notre Faculté.

Ce projet ne consiste pas à faire table rase de notre passé. Bien au contraire, il met en avant nos réussites collectives qu’il entend amplifier en utilisant à bon escient les instruments modernes de gouvernance à notre disposition et en s’inspirant des expériences académiques fructueuses menées ailleurs, en France et à l’étranger.

Ce projet est un projet toulousain qui prendra appui sur nos spécificités et notre environnement, dans le cadre institutionnel rénové d’une Ecole de droit.

 

La création de l’Ecole de droit de Toulouse, à laquelle chacun d’entre vous sera appelé à participer, nous apportera, en effet, une gouvernance collégiale mieux adaptée aux enjeux actuels et à venir. Il est en effet essentiel d’étoffer nos instances, dans une démarche collégiale et ouverte à tous les métiers de la Faculté, enseignants et personnels administratifs, ainsi qu’aux étudiants. Nous pourrions spécialiser différents conseils, coordonnés par l’équipe décanale composée du directeur (doyen) et du directeur adjoint (vice-doyen), ainsi que de directeurs « thématiques » : par exemple un conseil d’administration recentré sur les aspects financiers et personnels, un conseil d’orientation permettant l’appui efficace des personnalités extérieures plus nombreuses, un conseil de département pour prendre le temps d’examiner les questions de scolarité et un conseil voué à la recherche. Dans la structuration de l’Ecole, une attention particulière sera portée aux relations internationales qui seront un moteur du développement de l’Ecole. Une phase de large concertation sera ouverte dans les toutes prochaines semaines afin de faire consensus.

Au-delà, l’Ecole de droit favorisera, au sein de l’Université Toulouse Capitole, l’autonomie des juristes afin de développer une stratégie propre, au plus près de nos intérêts spécifiques et dans la sens de la collaboration, alors que la structuration de notre université va évoluer dans les semaines et mois à venir. Nous serons attentifs à ces transformations institutionnelles dont nous seront les acteurs ; L’Ecole de droit prendra toute sa place dans la construction du futur Grand Etablissement.

Enfin, elle insufflera un esprit d’Ecole rassemblant toute notre communauté – étudiants, enseignants-chercheurs et personnels administratifs. Au lendemain d’une crise sanitaire inédite qui a modifié la manière dont nous travaillons, nous aurons besoin de nous rassembler afin de refaire communauté. Mieux nous connaître nous permettra de travailler plus efficacement ensemble, d’améliorer nos conditions de travail quotidiennes afin de favoriser le bien-être au travail, mais aussi d’affermir l’identité de notre Ecole de droit, afin de nous projeter sur les scènes locale, nationale et internationale.

 

Le fonctionnement de l’Ecole de droit, auquel nous contribuerons tous, sera celui d’une école universitaire qui continuera d’allier l’enseignement et la recherche, conformément à nos traditions universitaires auxquelles je suis indéfectiblement attaché. Poursuivant le mouvement de la création de l’Ecole de droit, l’enseignement et la recherche feront l’objet de réformes concertées afin d’amplifier nos nombreuses réussites collectives qui ont assuré jusqu’alors nos succès.

La rénovation des rythmes, des contenus, des méthodes d’enseignement et d’évaluation, afin de favoriser le dynamisme et l’attractivité des études de droit, constitueront une priorité, au profit des étudiants et du confort de travail des personnels, quels que soient les statuts. Le savoir agir, l’esprit critique, les capacités de communication, etc. seront mieux valorisés ; Il sera davantage insisté sur l’apprentissage des langues étrangères tout au long des études.

       D’une part, l’objectif sera de bâtir une Licence ayant pour mission, en tenant compte des spécificités de chaque filière, de former des juristes généralistes ouverts sur le monde qui les entoure : Innovations pédagogiques, questions sociétales et compréhension des enjeux climatiques, internationalisation et valorisation des parcours individuels par un Compte de Formation Etudiant en seront les outils principaux.

       D’autre part, les Masters, dont il conviendra d’améliorer la sélection à l’entrée par la promotion et l’accompagnement au niveau national du calendrier harmonisé et de la plateforme unique, auront pour but de former en deux années des juristes spécialistes de haut niveau. L’alternance sera promue à chaque fois que cela aura du sens. De nouveaux parcours bi-diplômants, adaptés à la préparation de filières d’excellence (ex. science-politique et droit), seront envisagés.

       Enfin, nous continuerons à offrir à chaque étudiant une formation adaptée à ses besoins et aux débouchés : de l’Ecole de la réussite au Collège supérieur du droit en passant par les double licences, bi-licences, ou encore licences professionnelles à forte valeur ajoutée, ces formations continueront à être développées main dans la main avec nos partenaires professionnels et institutionnels, afin d’offrir les meilleures perspectives à tous nos étudiants.

Indissociable de l’enseignement, la recherche fera l’objet d’un soutien particulier dans les années à venir afin de lui insuffler davantage de dynamisme encore.

Sera encouragée la constitution d’une communauté des jeunes chercheurs, du Master 1 au doctorat, sous l’égide d’une Ecole doctorale aux moyens et à la gouvernance renforcés, tandis que sera bâti un véritable statut du doctorant/enseignant, au-delà de leur position institutionnelle (vacataire, contrat doctoral, ATER) en faveur de leur formation et de l’harmonisation des pratiques.

La structuration de la recherche sera renforcée afin que l’addition de nos diversités devienne enfin une force. Sans sacrifier à la recherche disciplinaire, toujours nécessaire et à laquelle nombre d’entre nous sont attachés, le cadre redéfini de la recherche devra permettre à ceux qui le souhaitent de développer une recherche interdisciplinaire et transdisciplinaire sur le site toulousain. Nous serons, en effet, amenés à être les acteurs, soucieux de nos intérêts, de sa construction.

 

Telles sont les grandes orientations d’un projet, fruit d’échanges et de rencontres avec les membres de notre communauté, qui s’est affermi au fil du temps et dont vous pouvez trouver le détail dans le document joint, intitulé « Les propositions ».

 

Assurément, le temps des juristes est venu !

Pour relever ce défi, nous avons besoin de nous donner une direction claire, de rassembler la communauté des juristes et de forger l’identité de notre école de droit toulousaine.

 

Nous y parviendrons tous ensemble. Avec enthousiasme !

 

Matthieu Poumarède